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Author Bio: Clémentine is also editor-in-chief of EurActiv.fr, the partner publication of EurActiv.com in France, which was launched in May 2007. Before joining EurActiv.fr and the MyParl project, Clémentine was a journalist at La Revue parlementaire. She was in charge of the Europe pages for this monthly newspaper dedicated to the French parliament. She came back to France two years ago, after three years in Brussels. During her time there, she shared her time between the Robert Schuman Foundation (FRS), a French think tank on European policies (where she headed their Brussels office and was editor-in-chief of their weekly European newsletter), and her freelance journalist activities - for several French magazines as Le Figaro Magazine or Valeurs actuelles.

Articles by France

Vers un conflit gelé en Bosnie-Herzégovine ?

Posted by France on 19/03/10

Le 18e anniversaire de l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine n’a pu être célébré le 1er mars 2010 par les parlementaires bosniaques. La raison ? L’accès à la grande salle du Parlement dans laquelle une séance solennelle extraordinaire devait avoir lieu, leur a été interdit! Le Président de la Chambre des Représentants et élu de la Republika Srpska Milorad Živković en a décidé ainsi. Sans aucune autre justification que la permission d’utiliser la grande salle du Parlement devait être donnée par les présidents des deux chambres du Parlement.

Devant les portes fermées « par une chaîne et un gros cadenas », selon un élu présent, les parlementaires ne se sont pas laissé faire. Après avoir cherché une autre salle, ils sont finalement parvenus à forcer le verrou. Pour couronner le tout, la célébration a eu lieu mais sans le matériel nécessaire pour diffuser l’hymne national, qui a finalement été chanté sans orchestre par l’assemblée.

Toute identité nationale n’est pas un fait de nature mais une donnée construite par des symboles, par exemple. Sans consensus sur un symbole tel que la fête nationale, l’Etat concerné peut-il avoir un avenir ?

On se souvient des peurs de sécession de la Republika Srpska (entité serbe de Bosnie-Herzégovine) à la suite de la déclaration d’indépendance du Kosovo. Le Courrier des Balkans rapporte les propos d’un membre du Parlement de la République de Bosnie-Herzégovine des années 90, Tatjana Ljujić–Mijatović. Selon elle, « certaines personnes occupant des fonctions au sein de l’Etat n’aiment pas ce pays […]. Et si nous ne respectons pas notre histoire, nos traditions, alors nous n’avons pas d’avenir ».

La réaction du cabinet de Milorad Živković à l’action des parlementaires est à cet égard lourde de sens. Selon le Courrier des Balkans, il aurait déclaré que « L’intrusion […] est anti-démocratique et constitue un acte de vandalisme. Il s’agit également d’un acte criminel, d’une violation de l’ordre public et d’une intrusion non autorisée dans les locaux officiels de l’Assemblée. » Des sanctions ont même été envisagées !

Impasse politique?

Et le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Conseil de coopĂ©ration rĂ©gional, Hido Biščević a affirmĂ© dans une interview Ă  EurActiv.com le 15 mars 2010 que l’on s’acheminait vers un conflit gelĂ© dormant. Il est mĂŞme allĂ© jusqu’à le comparer Ă  ceux de Transnistrie et du Haut Karabagh. Si l’impasse politique persistait, l’impact sur la coopĂ©ration rĂ©gionale dans les Balkans occidentaux et sur les perspectives d’adhĂ©sion Ă  l’UE serait nĂ©gatif.

Car tout le problème est là. On peut difficilement imaginer certains pays des Balkans occidentaux entrer dans l’Union européenne et d’autres demeurer une sorte de « trou noir » dans la région. L’apaisement en Bosnie-Herzégovine est donc une condition de l’adhésion des Balkans dans l’Union européenne.

Cet apaisement passe notamment par une réforme des institutions de la Bosnie-Herzégovine qui ne fonctionnent pas efficacement. La Constitution de Bosnie-Herzégovine élaborée à la suite des Accords de Dayton de 1995 est trop décentralisatrice pour cela (deux entités aux larges pouvoirs, dont une, la Fédération croato-musulmane elle-même subdivisée en neuf cantons, possédant chacun une assemblée élue et un gouvernement). Les négociations entre les deux entités, sous l’égide de la communauté internationale, ont jusqu’à maintenant échoué. Et le compromis n’est pas pour demain. La déclaration du premier ministre de la Republika Srpska, Milorad Dodik en témoigne. Il a ainsi déclaré : « Avoir un gouvernement plus centralisé n’est pas une alternative pour la Bosnie. La seule alternative possible est la division du pays ».

Quel sort l’UE réserve-t-elle à ses Roms ?

Posted by France on 12/03/10

PrĂ©sents dans les 27 Etats membres, ceux qu’on appelle les tziganes, les gens du voyage, ou de manière plus consensuelle les « Roms », composent la minoritĂ© la plus marginalisĂ©e en Europe, en mĂŞme temps que la minoritĂ© ethnique europĂ©enne la plus nombreuse et la plus ancienne.

Logement, emploi, santĂ©, Ă©ducation, les Roms concentrent Ă  eux seuls toutes les formes possibles, visibles et invisibles, de discrimination. Si bien que leur sort est devenu aujourd’hui un vĂ©ritable problème rhĂ©torique. En 2009, 1 Rom sur 4 a Ă©tĂ© victime d’une agression, d’une menace ou encore d’un harcèlement, rĂ©vèlent les statistiques.

La population Rom est particulièrement nombreuse Ă  l’Est de l’Europe. Or, pour s’attirer les faveurs de l’Ă©lectorat, les gouvernements jouent bien souvent la carte de l’insĂ©curitĂ© en montrant constamment du doigt leurs concitoyens tziganes. LĂ  oĂą le retour du nationalisme s’accompagne d’une marginalisation croissante des identitĂ©s minoritaires au profit d’un autoritarisme qui emprunte quelque fois le langage d’une Ă©poque dĂ©sormais rĂ©volue. SyndrĂ´me post-communiste, aux dires de certains…

Il faut dire que l’appellation vĂ©hicule Ă  elle seule un grand un nombre de stĂ©rĂ©otypes, au-delĂ  de la  mĂ©connaissance quasi-gĂ©nĂ©ralisĂ©e de cette population par essence transnationale.

L’aumĂ´ne s’il-vous-plaĂ®t

L’Europe Ă©largie sera-t-elle capable de mettre un terme Ă  ce cercle vicieux ? De trouver une solution d’urgence, satisfaisante, pour Ă©viter que les victimes des changements de rĂ©gime Ă  l’Est il y a plus de 20 ans ne soient pas aussi celles de l’intĂ©gration Ă  l’Ouest ?

L’annĂ©e 2010, consacrĂ©e Ă  la lutte contre la pauvretĂ©, a poussĂ© l’Union Ă  replonger son nez dans cet Ă©pineux problème ethnique, qui concerne tout de mĂŞme plus de 10 millions d’individus rĂ©partis au sein de ses propres frontières, et autant dans son voisinage immĂ©diat, Ă  savoir les Balkans, candidats Ă  l’adhĂ©sion.

L’enjeu est de taille. Il concerne non seulement la non-discrimination mais aussi l’inclusion sociale et la reprĂ©sentation politique.

Politiques erronĂ©es, trop paternaliste, pas assez ciblĂ©es. VoilĂ  le bilan qu’ont dressĂ© les parlementaires europĂ©ens lors de la dernière plĂ©nière Ă  Strasbourg, arborant en direction de la Commission et du Conseil un T-Shirt spĂ©cial « We need a european roma strategy ! ».

Un sommet consacrĂ© Ă  cette question en prĂ©sence des chefs d’Etat et de gouvernement des 27, de la sociĂ©tĂ© civile, et des institutions europĂ©ennes, se tiendra Ă  Cordoue les 8 et 9 avril 2010, Ă  l’occasion de la journĂ©e internationale des Roms.

La corruption en Europe est-elle l’apanage des pays de l’Est ?

Posted by France on 05/03/10

Dans les nouveaux Etats membres, le combat contre la corruption est encore loin d’ĂŞtre gagnĂ©, malgrĂ© les efforts apparents dĂ©ployĂ©s par certains gouvernements pour lutter contre le flĂ©au. Pour preuve, l’adoption hier en Slovaquie d’une loi anti-corruption inĂ©dite, en prĂ©vision des prochaines Ă©lections lĂ©gislatives.

Souvent montrés du doigt par les institutions communautaires, certains des nouveaux entrants ont bien du mal à se mettre en conformité avec les règles du jeu démocratique.

Crime organisĂ©, pots de vin, voire mĂŞme dĂ©tournement des fonds europĂ©ens consacrĂ©s Ă  l’adhĂ©sion, au nez et Ă  la barbe de l’Union… Scandale après scandale, les exemples bulgares, slovaques ou encore maltais montrent bien Ă  quel point les outils mis en place par l’UE pour lutter contre ce problème restent fragile.

Au moment d’ouvrir ses frontières aux anciens satellites du bloc soviĂ©tique, la peur de l’invasion par des rĂ©seaux clandestins en tous genres avait  pourtant conduit l’UE Ă  faire de la lutte contre la corruption une prioritĂ© parmi les prioritĂ©s de sa politique d’Ă©largissement.

Si les nĂ©gociations d’adhĂ©sion constituent une vraie fenĂŞtre d’opportunitĂ© pour la lutte contre la corruption dans les pays candidats Ă  l’entrĂ©e dans l’UE, l’expĂ©rience montre qu’une fois intĂ©grĂ©s, le rythme des rĂ©formes ralentit, alors mĂŞme que l’UE perd ses moyens de pression.

Sans compter les effets pervers : car les rĂ©formes administratives liĂ©es Ă  la prĂ©adhĂ©sion dans les pays candidats renforcent parfois l’indĂ©pendance des autoritĂ©s politiques sans qu’un système de contrĂ´le Ă©quivalent vraiment efficace ne soit en place.

Que dire alors des pays actuellement candidats? L’Europe est-elle suffisamment bien Ă©quipĂ©e pour accueillir ces Etats et conserver son intĂ©gritĂ© politique malgrĂ© une Ă©vidente surexposition aux risques de corruption? Une question souvent dĂ©battue dans la sociĂ©tĂ© comme dans les institutions…

La visite du nouveau chef de l’Etat croate, Ivo Josipovic, le 4 mars Ă  Bruxelles, a Ă©tĂ© l’occasion pour Jose Manuel Barroso de souligner Ă  quel point la question reste brĂ»lante dans les Balkans.

Une Union bananière ?

La corruption est un thème classique lorsqu’il s’agit du « grand est europĂ©en », mais qu’en est-il vraiment dans les Etats dits fondateurs, brandissant sans cesse le culte de la transparence, et qui comptent parmi les pays les plus riches du monde ?

Et bien à ce petit jeu là, les « anciens » ne sont pas en reste, révèle un surprenant sondage publié par la Commission européenne en décembre dernier.

80% des européens seraient convaincus que leurs institutions sont corrompues. Une nette dégradation par rapport à 2006, ou encore 2007.

En Grèce, en SlovĂ©nie, en Suède et en Allemagne, 84 % des citoyens interrogĂ©s affirment que la corruption sĂ©vit selon eux jusqu’au sein des institutions europĂ©ennes. Une opinion partagĂ©e par une majoritĂ© de citoyens membres de l’UE.

En France, 73% des personnes interrogĂ©es considèrent que la corruption est un problème majeur dans leur pays, contre 65% en 2007. 79% sont convaincus que la corruption existe au sein des institutions de l’UE.

Ce sont les citoyens des nouveaux Etats membres qui sont les moins nombreux Ă  estimer que la corruption existe au sein des institutions communautaires, alors qu’ils sont les plus sĂ©vères vis-Ă -vis de leurs propres politiques. Les prochaines Ă©lections en 2010 risquent malheureusement d’en fournir une preuve supplĂ©mentaire.

Le bilan est subjectif, certes, mais il rĂ©vèle Ă  quel point le contrat dĂ©mocratique au cĹ“ur de la construction europĂ©enne est aujourd’hui Ă©gratignĂ©.

Alors, pessimisme ambiant ou vraie défiance vis-à-vis du monde politique ?

L’Islande et l’Estonie Ă  la pĂŞche… Ă  l’euro

Posted by France on 26/02/10

D’ordinaire si critiquĂ©, l’euro semble susciter aujourd’hui l’engouement de certains Etats europĂ©ens menacĂ©s de faillite, dĂ©jĂ  membres de l’UE ou simple candidats.

L’Estonie, qui avait placĂ© jusque-lĂ  tous ses espoirs dans le modèle de croissance anglo-saxon mis Ă  mal par la crise, fait aujourd’hui des pieds et des mains pour adopter l’euro et pouvoir s’abriter sous le parapluie monĂ©taire europĂ©en.

Lors de la dernière confĂ©rence organisĂ©e par le club Grande Europe, le cinĂ©aste estonien Ilmar Raag tĂ©moignait du changement d’Ă©tat d’esprit opĂ©rĂ© par la rĂ©cession. « Il y a encore deux ans, le gouvernement estonien avait dĂ©cidĂ© de repousser l’adoption de l’euro, de peur qu’elle ne freine notre croissance. Maintenant, on se dit que c’est l’heure ».

Après avoir affichĂ© un taux Ă  deux chiffres jusqu’en 2007, le PIB du pays a chutĂ© Ă  -14% ! Et le gouvernement espère obtenir le feu vert de l’UE cet Ă©tĂ© pour passer Ă  la monnaie europĂ©enne le 1er janvier 2011. Il pourrait ainsi devenir, après la Slovaquie et la SlovĂ©nie, le troisième Etat issu de l’ancien bloc soviĂ©tique Ă  intĂ©grer l’eurozone.

La fin justifie les moyens ?

L’Islande, farouchement attachĂ©e Ă  son indĂ©pendance nationale, est mĂŞme prĂŞte, puisqu’il le faut, Ă  tenter un mariage forcĂ© avec l’Union europĂ©enne pour atteindre le « saint-graal » et stabiliser sa monnaie, en chute libre depuis le dĂ©but de la tourmente.

L’idĂ©e d’adopter la monnaie unique sans rejoindre l’Union europĂ©enne avait Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e, un temps, par le gouvernement, sous la pression de ses entreprises dĂ©jĂ  largement « euro-isĂ©es ». Pour ĂŞtre finalement abandonnĂ©e car trop controversĂ©e.

La dette publique du pays s’Ă©levait en 2009 Ă  130% du PIB. Mais de la dĂ©gringolade Ă  l’adhĂ©sion, il n’y a eu qu’un pas dans ce cas prĂ©cis, allègrement franchi par l’Islande Ă  la stupĂ©faction des autres pays candidats encore sur le bord du chemin. Seulement 7 mois après le dĂ©pĂ´t du dossier, la Commission a validĂ© le 24 fĂ©vrier la candidature du pays.

Mais d’ici Ă  une entrĂ©e dans la zone euro, la croissance islandaise devrait ĂŞtre revenue. 60% des islandais sont aujourd’hui favorables Ă  l’ouverture des nĂ©gociations mais restent hostiles Ă  l’adhĂ©sion.

Une vision franco-française de l’Ă©largissement

Posted by France on 19/02/10

En France la question de l’élargissement a décidément à voir avec l’émotion. Lors de l’atelier organisé par EurActiv.fr, jeudi 18 février, intitulé « UE : quel élargissement pour quel avenir », les discussions ont été vives.

Pourquoi ? Parce que les débats sur l’élargissement en France, reviennent irrésistiblement à poser la question de l’adhésion de la Turquie à l’UE, de l’identité de l’UE et de ses frontières. Un représentant de l’ambassade croate, un intellectuel, un spécialiste de l’Europe de l’Est étaient notamment présent autour de la table. Rien n’y a fait, les questions et le débat ont tourné à 80% autour de la question turque.

Philippe Perchoc, président de Nouvelle Europe et doctorant au CERI a rappelé que ces débats sur la Turquie, l’identité de l’UE et ses frontières étaient très franco-français. En Suède, en Grande Bretagne, dans des pays comme l’Estonie, la Lettonie ou la Lituanie, ces questions d’élargissement ne se posent pas en ces termes.

« Il ne faut pas violer la population », a déclaré à plusieurs reprises Philippe Juvin, député européen (PPE), selon lequel, en 20 ans l’élargissement de l’UE est devenu une « crainte» en France.

Le reprĂ©sentant de la TUSIAD (l’équivalent du Medef turc) a eu beau prĂ©ciser qu’un pays ne rentrait pas dans l’UE tant que les rĂ©formes n’étaient pas en place et que la totalitĂ© des pays n’Ă©taient pas favorables Ă  l’adhĂ©sion, il semble que le problème en France n’est pas lĂ .

Philippe Juvin a rappelé qu’en 1992, lors des discussions autour du traité de Maastricht, les représentants politiques qui osaient parler d’identité européenne en France étaient « crucifiés en place publique ». Près de 20 ans plus tard, le sujet est abordé dans notre pays sous un seul angle, la question des frontières. « La Turquie est en Asie mineure, elle n’a pas sa place en Europe », a répété à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy.

Reste que cette question de l’identité, et en creux, la question des frontières de l’UE ne fait absolument pas l’objet de discussions aujourd’hui au niveau européen. Le groupe des sages qui doit rendre ses conclusions sur l’avenir de l’UE au mois de juin prochain s’est d’ailleurs vu exclure ce dernier champ de réflexion de ses travaux. Certains pays comme la Grande-Bretagne où la Suède craignant que le débat sur cette question ne serve à faire barrage à l’adhésion de la Turquie.

Turquie… l’œuf ou la poule ?

Posted by France on 12/02/10

Comment dĂ©crire autrement le dialogue de sourd dans lequel l’UE et la Turquie se sont enfermĂ©es depuis 2005 ?

DrĂ´le d’impression en effet Ă  l’issue du dĂ©bat qui a eu lieu au Parlement europĂ©en ce mercredi 10 fĂ©vrier. AppelĂ©s Ă  adopter une position commune et surtout lisible sur la candidature turque, les dĂ©putĂ©s ont une fois de plus dĂ©livrĂ© un message plutĂ´t difficile Ă  dĂ©chiffrer pour Ankara…

Si pour les uns l’entrĂ©e dans l’UE est un prĂ©alable Ă  l’avancĂ©e des rĂ©formes en Turquie, les autres placent ces rĂ©formes comme la condition sine qua non Ă  toute adhĂ©sion. RĂ©sultat : un consensus mou, sans rĂ©elle promesse.

Dans la rĂ©solution adoptĂ©e par le Parlement europĂ©en, les dĂ©putĂ©s fĂ©licitent la Turquie pour les efforts engagĂ©es dans la voie de la dĂ©mocratie tout en dĂ©nonçant le manque d’avancĂ©es concrètes, pour ne pas dire le manque de volontĂ© du cĂ´tĂ© d’Ankara.

Une approche assez risquĂ©e puisqu’elle conduit l’UE Ă  perdre de son influence en Turquie, alors mĂŞme que le pays devient un leader dans sa propre rĂ©gion.

Face au double discours dont l’UE est devenue assez coutumière, la Turquie s’abrite de plus en plus derrière la « mauvaise foi » europĂ©enne pour faire traĂ®ner le rythme de ses rĂ©formes.

Pour le moment, le meilleur allié de la Turquie reste donc la nouvelle Commission. Mais comment faire contrepoids face aux Etats les plus sceptiques sans un appui déterminé de la part du Parlement ?

Une telle indĂ©cision au sein de l’UE jouera sans nul doute en dĂ©faveur de la Turquie. D’autant plus qu’aucun argument Ă  l’horizon n’est pour le moment susceptible de clore le dĂ©bat.

Entre la faillite grecque et les regains de tension Ă  Chypre, les nĂ©gociations semblent s’orienter de manière irrĂ©sistible vers le blocage. Une situation aussi politiquement inconfortable ne pourra pourtant satisfaire personne. Rappelons que pour l’instant, la majoritĂ© des Etats membre est encore favorable Ă  l’entrĂ©e du pays dans l’UE…

2010, l’annĂ©e de la rĂ©conciliation Ă  Chypre? Pas si sĂ»r…

Posted by France on 03/02/10

Il va falloir faire vite si Chypre veut parvenir Ă  un accord avant les prochaines Ă©chĂ©ances Ă©lectorales, annoncĂ©es comme la fin programmĂ©e du processus de paix engagĂ© entre les deux parties de l’Ă®le fin 2008.

Le 18 avril prochain, le prĂ©sident de la RĂ©publique turque de Chypre devra remettre en jeu son mandat et faire face aux nationalistes, donnĂ©s favoris de l’Ă©lection, grands vainqueurs des lĂ©gislatives de 2009 et fondamentalement opposĂ©s Ă  toute perspective de rĂ©unification.

La possibilitĂ© d’une issue positive, durement acquise grâce Ă  l’assouplissement du dialogue entre les deux leaders actuels, pourrait bien voler en Ă©clat avec l’arrivĂ©e d’un radical Ă  la tĂŞte des nĂ©gociations cĂ´tĂ© turc.

Avec un agenda aussi serrĂ©, les chances de succès sont minces, malgrĂ© la bonne volontĂ© affichĂ©e des deux cĂ´tĂ©s : plus de 50 rencontres au cours des 12 derniers mois entre les leaders turc et grec, parfois sous le patronage de la communautĂ© internationale, dĂ©sireuse d’en arriver au plus vite Ă  un accord.

En visite Ă  Chypre le 21 janvier, Herman Van Rompuy avait promis au nom de l’UE d’apporter son soutien aux chypriotes. Quant Ă  l’intervention de Ban Ki Moon, le 2 fĂ©vrier, elle a Ă©tĂ© partout dĂ©crite comme « la visite de la dernière chance ».

Pour le moment, les poignées de main sont essentiellement symboliques.

La perspective de l’adhĂ©sion Ă  l’UE ne semble pas suffisante pour mener au règlement du conflit. La Turquie est-elle prĂŞte Ă  faire des sacrifices supplĂ©mentaires pour Ă©viter le gel du processus?

Autre scĂ©nario possible : la poursuite pĂ©nible et inexorable des nĂ©gociations entre les deux parties de l’Ă®le après l’Ă©lection, et un abandon progressif mais informel des pourparlers d’adhĂ©sion entre Ankara et l’UE.

La Turquie devra-t-elle choisir entre l’UE et son leadership rĂ©gional?

Posted by France on 01/02/10

Encore isolée il y a peu, la Turquie a su construire en quelques années des liens solides avec son voisinage, multipliant les initiatives économiques et diplomatiques en vue de devenir un acteur incontournable, et un médiateur dans une région secouée par bon nombre de conflits frontaliers.

Katinka Barysch, directrice adjointe du Center for european Reform, think-tank basĂ© Ă  Londres, analyse les consĂ©quences de la construction du leadership rĂ©gional turc sur ses relations avec ses voisins, particulièrement l’Union europĂ©enne.

Pour elle, l’extrême lenteur des négociations d’adhésion menées par l’Union européenne contraste singulièrement avec le dynamisme actuel de la politique étrangère turque, ouverte sur le Caucase, le Moyen-Orient et l’Asie centrale.

Le nouveau leadership d’Ankara dans la région constituerait, selon les dirigeants turcs, une valeur ajoutée réelle pour l’Union européenne. Mais les responsables européens ne voient pas forcément ce nouveau rapport de force d’un bon œil, accusant la Turquie de se détourner peu à peu des pays occidentaux, avec lesquels elle entretient pourtant des liens traditionnellement forts, au profit d’une politique étrangère qualifiée de « néo-ottomane » ou « islamiste ».

Une alternative jugée simpliste par l’auteur, qui réfute l’idée d’un choix opéré consciemment entre l’est et l’ouest. Elle appelle de ses vœux le renouveau des relations entre la Turquie et l’UE, qui aborde trop souvent Ankara uniquement sous le prisme de l’adhésion, et plaide en faveur de l’établissement d’un dialogue régulier entre le nouveau Haut représentant européen, Catherine Ashton, et le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

Du côté turc, la volonté d’intégrer l’UE est bien réelle, et n’est pas nécessairement incompatible avec le leadership qu’elle détient dans sa région. Les nouvelles options défendues par le pays en matière de politique étrangères, celle du soft power, sont aussi liées à la perspective d’adhésion, rappelle l’auteur. Ankara devra néanmoins maintenir une orientation occidentale forte et continuer sa modernisation interne pour devenir crédible à la fois aux yeux des partenaires européens, et en tant que leader respecté dans sa région.

Katinka Barysch Ă©voque Ă©galement les diffĂ©rents scenarii possibles concernant la rĂ©solution du conflit chypriote, point d’achoppement dans les nĂ©gociations et les nouvelles relations qui pourraient voir le jour entre la Turquie, la Russie et l’Iran, deux concurrentes d’Ankara dans la rĂ©gion.

Lire l’analyse dans son intĂ©gralitĂ© en cliquant ici.

Un Turc au Conseil de l’Europe : promotion ou lot de consolation ?

Posted by France on 29/01/10

©Conseil de l'Europe

Le premier ministre grec Georges A Papandreou et le président de l'APCE Mevlüt Cavusoglu ©Conseil de l'Europe

Une fois n’est pas coutume pour la Turquie, c’est dans ses rangs qu’a Ă©tĂ© choisi le nouveau prĂ©sident de l’AssemblĂ©e parlementaire du Conseil de l’Europe, Ă©lu lundi 25 janvier pour un an.

C’est la première fois qu’un Turc accède Ă  une telle fonction au sein d’une institution europĂ©enne, fut-elle le Conseil de l’Europe, dont la Turquie est membre fondatrice depuis ses tous dĂ©buts en 1949.

Alors que les jours passent et se ressemblent pour Ankara, encore et toujours refoulĂ©e aux portes de l’Union par les Etats membres de l’UE, le Conseil de l’Europe joue quant Ă  lui la carte de la promotion, sans contradiction, refusant de mettre en opposition islam et valeurs europĂ©ennes.

Chypriotes, Kurdes et ArmĂ©niens ont immĂ©diatement remis en cause la lĂ©gitimitĂ© d’une telle Ă©lection, qui a pourtant peu de chances de rĂ©volutionner le monde des relations internationales, le rĂ´le du Conseil de l’Europe Ă©tant encore mal identifiĂ© par une partie des citoyens europĂ©ens.

« Nous devons bâtir notre maison commune europĂ©enne sur une sociĂ©tĂ© ouverte, qui respecte la diversitĂ© et refuse l’exclusion [...]» a rappelĂ© en guise d’ouverture le nouveau prĂ©sident, MevlĂĽt Çavusoglu, cofondateur dans son pays du Parti Justice et DĂ©veloppement (AKP), formation islamiste modĂ©rĂ©e actuellement au pouvoir Ă  Ankara.

Une dĂ©claration qui sonne particulièrement juste, quelques semaines seulement après la dissolution par la Cour Constitutionnelle du principal parti turc d’opposition, le DTP, dĂ©cision perçue partout comme un sabotage de l’ouverture dĂ©mocratique amorcĂ©e dans le pays.

Entre Turquie et UE, pour une fois les rĂ´les s’inversent : parmi les prioritĂ©s de sa prĂ©sidence, MevlĂĽt Çavusoglu a mentionnĂ© l’entrĂ©e en vigueur du traitĂ© de Lisbonne qui ouvre de nouvelles perspectives de coopĂ©ration, en particulier l’adhĂ©sion de l’Union europĂ©enne Ă  la Convention europĂ©enne des droits de l’homme.

Eric Besson voit la Turquie en gardienne des frontières de l’UE

Posted by France on 22/01/10

Alors que les nĂ©gociations d’adhĂ©sion sont au point mort, le gouvernement français enfonce encore un peu plus le clou, en obligeant la Turquie (ou presque) Ă  s’occuper de la gestion des flux migratoires si elle veut adhĂ©rer Ă  l’UE.

La lutte contre l’immigration clandestine “doit clairement devenir un sujet prioritaire dans les relations entre l’Union europĂ©enne et la Turquie”, a dĂ©clarĂ© le ministre français de l’Immigration Ă  l’issue de la rencontre informelle qui s’est tenue Ă  Tolède le 20 janvier entre homologues europĂ©ens.

Devant la presse, Eric Besson n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  rappeler Ankara Ă  l’ordre, la jugeant responsable de la «pression insupportable » Ă  laquelle est aujourd’hui soumise la Grèce, aux frontières de l’UE. « La Turquie est de toute Ă©vidence devenue un pays de transit et nous avons besoin qu’elle joue le jeu ».

De lĂ  Ă  parler d’ultimatum, il n’y a qu’un pas, bien que le ministre français s’en dĂ©fende. “Je ne vais pas jusqu’Ă  parler de condition, mais il s’agit d’une exigence [...] indispensable”, a-t-il soutenu en Ă©voquant les futures nĂ©gociations d’adhĂ©sion.

La question des flux migratoires illĂ©gaux et l’alignement sur les politiques europĂ©ennes figurent dĂ©jĂ  dans la liste des prioritĂ©s fixĂ©es par l’UE dans les nĂ©gociations d’adhĂ©sion. Si la France s’en mĂŞle, elle pourrait bien devenir un obstacle politique Ă  l’entrĂ©e de la Turquie dans l’UE.

L’ancien commissaire français en charge de la SĂ©curitĂ© et de la Justice, Jacques Barrot, a quant Ă  lui insistĂ© sur l’importance de la relation UE/Turquie.”Ce serait une erreur de la stigmatiser”, a-t-il dĂ©clarĂ©.

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