Contours d'Europe

Et si la solution à la question du Kosovo passait par un partage du pays et le rattachement de la partie nord, peuplée majoritairement de Serbes, à la Serbie ? Une vieille idée qui referait surface dans les coulisses des diplomaties serbe et kosovar selon des journaux de la région, dont les propos sont rapportés par le Courrier des Balkans.

Selon des diplomates occidentaux, la Serbie aurait reconnu ne pas pouvoir revenir en arrière sur le statut du Kosovo et la seule carte à jouer serait celle de la division du Kosovo. L’idée de négociation secrète entre Belgrade et Pristina aurait même été évoquée à la suite d’un article du magazine Foreign Affairs écrit par l’expert américain Nicholas Gvozdev. Selon lui, « le statut et les frontières » sont des sujets séparés, et si « le statut n’est pas négociable, la question des frontières reste ouverte ».

Une idée loin d’être saugrenue puisqu’elle avait été envisagée ouvertement par le président serbe Boris Tadić à l’été 2008 devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

Du côté de l’Union européenne, une division du Kosovo est inacceptable. Elle violerait le principe en droit international de l’uti possidetis juris qui consiste à fixer les frontières du nouvel Etat indépendant en fonction des anciennes limites administratives internes à un État préexistant. Revenir sur ce principe au nom d’une conception ethnique de la nation pourrait avait des conséquences régionales graves. Le cas du Kosovo ferait office de précédent et entraînerait d’autres revendications territoriales, dans la région et dans le reste du monde. Par exemple, la Republika Srpska de Bosnie-Herzégovine pourrait déclarer son indépendance, comme elle l’avait déjà laissé entendre par le passé. Régler la question du Kosovo par un nouveau partage reviendrait à ouvrir la boîte de Pandore.

Les interrogations sur la solution à apporter au statut du Kosovo refont surface alors que la Cour internationale de Justice doit rendre un avis consultatif sur la question le 22 juillet. S’il na pas de valeur contraignante, il est très attendu car le processus de reconnaissance de l’indépendance du Kosovo pourrait être relancé ou au contraire bloqué.

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Comments

  1. Ca n’est pas aussi simple : la Lettonie a été formellement réinstaurée en 1991 dans ses frontières de 1920 même si une partie du territoire avait été intégré à la Russie pendant l’URSS. Le gouvernement letton et le parlement ont accepté d’abandonner le district d’Abrene en 2007 lors de la signature de la frontière avec la Russie.

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