Contours d'Europe

Les dirigeants européens ont décidé de donner du contenu au discours convenu du sommet UE-Balkans occidentaux de Sarajevo du 2 juin. Alors qu’ils s’étaient contentés du minimum syndical lors de ce sommet, se bornant à rappeler la « vocation européenne » des pays des Balkans, il semblerait qu’ils aient décidé de récompenser concrètement les progrès effectués par certains Etats. C’est du moins ce que les dernières décisions laissent penser.

La Croatie a tout d’abord vu son horizon européen se rapprocher en l’espace de quelques jours. Le résultat positif du referendum slovène sur leur différend frontalier a écarté toute possibilité de blocage tout comme les décisions slovène et néerlandaise de lever leur veto sur l’ouverture des derniers chapitres bloqués (justice, politique étrangère et concurrence). Désormais, la perspective d’une intégration du pays en 2012 semble plus que plausible.

Les différents rapports encourageants du procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) Serge Brammertz sur la pleine coopération de la Serbie ont eu quant à eux raison du veto des Pays-Bas sur la ratification de l’Accord de Stabilisation et d’Association.

Le Parlement européen n’est pas en reste puisqu’il a soutenu l’idée que la Bosnie-Herzégovine et l’Albanie devraient obtenir la libéralisation des visas au cours de l’automne.

Si les questions du Kosovo et pour d’autres raisons de la Turquie demeurent bloquées, celle du nom de la Macédoine pourrait se résoudre dans les prochains temps. Un accord entre la Grèce et le pays sur le nom de Macédoine-Vardar semble pouvoir faire office de compromis acceptable pour les deux parties.

Enfin rappelons que l’Estonie intégrera la zone euro en janvier 2011 et que l’Islande a obtenu l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’UE. Si ce pays a déjà adopté de nombreuses dispositions de l’acquis communautaire, des domaines comme la pêche pourraient sérieusement ralentir le processus, sans oublier que les Islandais sont pour le moment plutôt défavorables à une adhésion.

Quoiqu’il en soit, les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé d’envoyer un message clair. Malgré la crise, l’élargissement demeure une des priorités européennes. Ces garanties avancées par les dirigeants européens sont une bonne chose car elles devraient stimuler les efforts consentis par les candidats pour se conformer aux critères de l’Union.

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