Contours d'Europe

Tout va bien en Albanie!!

Le premier ministre albanais Sali Berisha a rendu les réponses au questionnaire de pré-adhésion de son pays à la Commission européenne à Bruxelles le 15 avril. Il en a profité pour peindre un tableau très rose de son pays.

La mafia albanaise n’existe plus, a-t-il déclaré. Pour le prouver, il a ajouté qu’en quatre ans, le pays avait “démantelé 207 organisations criminelles”. La police albanaise a si bien travaillé qu’elle a pourchassé la mafia albanaise dans toute l’Europe, rien que ça : « On les a arrêté partout, en Albanie, en France, en Belgique, en Allemagne, en Suède, là où ils étaient. »

Une vision défendue également par le porte-parole du ministère des affaires étrangères albanais Ralf Gjoni. En mars à Paris, il considérait que l’Albanie souffrait avant tout d’un problème d’image alors que lui se sentait « davantage en sécurité à Tirana qu’à Londres ». Dans une voiture blindée, on n’en doute pas.

Quant à la corruption, elle a été éradiquée, selon Sali Berisha. Un exemple: les fonctionnaires ne rouleront plus désormais dans des voitures officielles. Jusqu’à tout récemment, les 30 000 fonctionnaires albanais utilisaient les voitures de l’Etat, pour un coût annuel de 19 000 dollars pour chaque limousine avec chauffeur. A son initiative, ce système a été abandonné, et il y a aujourd’hui seulement 30 voitures officielles en Albanie, a le premier ministre.

Un travail colossal effectué par le gouvernement donc ! Car en juillet 2009, la directrice de l’Agence américaine pour le développement (USAID), Roberta Mahoney affirmait que selon toutes les sources d’information accessibles, le public, mais également les autorités, la corruption constituait “un phénomène largement répandu en Albanie”.

Et qu’en pense l’UE ? La stratégie d’élargissement d’octobre 2009 de la Commission européenne parlait « des progrès limités [qui] ont continué d’être enregistrés en ce qui concerne la lutte contre la criminalité organisée, qui demeure très préoccupante. » Et semblait également préoccupée par la corruption, même si elle soulignait les mesures prises par le gouvernement.

Si l’Albanie a fait de nombreux progrès ces dernières années, l’intégration à l’UE demeure encore lointaine. Aux autorités européennes de trouver un juste équilibre entre incitation à la réforme et récompense des efforts accomplis. Peut être dès le sommet de Sarajevo de juin 2010 à l’occasion duquel l’obligation de visas pour les citoyens albanais pourrait être levée.

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