Contours d'Europe

Présents dans les 27 Etats membres, ceux qu’on appelle les tziganes, les gens du voyage, ou de manière plus consensuelle les « Roms », composent la minorité la plus marginalisée en Europe, en même temps que la minorité ethnique européenne la plus nombreuse et la plus ancienne.

Logement, emploi, santé, éducation, les Roms concentrent à eux seuls toutes les formes possibles, visibles et invisibles, de discrimination. Si bien que leur sort est devenu aujourd’hui un véritable problème rhétorique. En 2009, 1 Rom sur 4 a été victime d’une agression, d’une menace ou encore d’un harcèlement, révèlent les statistiques.

La population Rom est particulièrement nombreuse à l’Est de l’Europe. Or, pour s’attirer les faveurs de l’électorat, les gouvernements jouent bien souvent la carte de l’insécurité en montrant constamment du doigt leurs concitoyens tziganes. Là où le retour du nationalisme s’accompagne d’une marginalisation croissante des identités minoritaires au profit d’un autoritarisme qui emprunte quelque fois le langage d’une époque désormais révolue. Syndrôme post-communiste, aux dires de certains…

Il faut dire que l’appellation véhicule à elle seule un grand un nombre de stéréotypes, au-delà de la méconnaissance quasi-généralisée de cette population par essence transnationale.

L’aumône s’il-vous-plaît

L’Europe élargie sera-t-elle capable de mettre un terme à ce cercle vicieux ? De trouver une solution d’urgence, satisfaisante, pour éviter que les victimes des changements de régime à l’Est il y a plus de 20 ans ne soient pas aussi celles de l’intégration à l’Ouest ?

L’année 2010, consacrée à la lutte contre la pauvreté, a poussé l’Union à replonger son nez dans cet épineux problème ethnique, qui concerne tout de même plus de 10 millions d’individus répartis au sein de ses propres frontières, et autant dans son voisinage immédiat, à savoir les Balkans, candidats à l’adhésion.

L’enjeu est de taille. Il concerne non seulement la non-discrimination mais aussi l’inclusion sociale et la représentation politique.

Politiques erronées, trop paternaliste, pas assez ciblées. Voilà le bilan qu’ont dressé les parlementaires européens lors de la dernière plénière à Strasbourg, arborant en direction de la Commission et du Conseil un T-Shirt spécial « We need a european roma strategy ! ».

Un sommet consacré à cette question en présence des chefs d’Etat et de gouvernement des 27, de la société civile, et des institutions européennes, se tiendra à Cordoue les 8 et 9 avril 2010, à l’occasion de la journée internationale des Roms.

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