Contours d'Europe

D’ordinaire si critiqué, l’euro semble susciter aujourd’hui l’engouement de certains Etats européens menacés de faillite, déjà membres de l’UE ou simple candidats.

L’Estonie, qui avait placé jusque-là tous ses espoirs dans le modèle de croissance anglo-saxon mis à mal par la crise, fait aujourd’hui des pieds et des mains pour adopter l’euro et pouvoir s’abriter sous le parapluie monétaire européen.

Lors de la dernière conférence organisée par le club Grande Europe, le cinéaste estonien Ilmar Raag témoignait du changement d’état d’esprit opéré par la récession. « Il y a encore deux ans, le gouvernement estonien avait décidé de repousser l’adoption de l’euro, de peur qu’elle ne freine notre croissance. Maintenant, on se dit que c’est l’heure ».

Après avoir affiché un taux à deux chiffres jusqu’en 2007, le PIB du pays a chuté à -14% ! Et le gouvernement espère obtenir le feu vert de l’UE cet été pour passer à la monnaie européenne le 1er janvier 2011. Il pourrait ainsi devenir, après la Slovaquie et la Slovénie, le troisième Etat issu de l’ancien bloc soviétique à intégrer l’eurozone.

La fin justifie les moyens ?

L’Islande, farouchement attachée à son indépendance nationale, est même prête, puisqu’il le faut, à tenter un mariage forcé avec l’Union européenne pour atteindre le « saint-graal » et stabiliser sa monnaie, en chute libre depuis le début de la tourmente.

L’idée d’adopter la monnaie unique sans rejoindre l’Union européenne avait été évoquée, un temps, par le gouvernement, sous la pression de ses entreprises déjà largement « euro-isées ». Pour être finalement abandonnée car trop controversée.

La dette publique du pays s’élevait en 2009 à 130% du PIB. Mais de la dégringolade à l’adhésion, il n’y a eu qu’un pas dans ce cas précis, allègrement franchi par l’Islande à la stupéfaction des autres pays candidats encore sur le bord du chemin. Seulement 7 mois après le dépôt du dossier, la Commission a validé le 24 février la candidature du pays.

Mais d’ici à une entrée dans la zone euro, la croissance islandaise devrait être revenue. 60% des islandais sont aujourd’hui favorables à l’ouverture des négociations mais restent hostiles à l’adhésion.

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