Contours d'Europe

Comment décrire autrement le dialogue de sourd dans lequel l’UE et la Turquie se sont enfermées depuis 2005 ?

Drôle d’impression en effet à l’issue du débat qui a eu lieu au Parlement européen ce mercredi 10 février. Appelés à adopter une position commune et surtout lisible sur la candidature turque, les députés ont une fois de plus délivré un message plutôt difficile à déchiffrer pour Ankara…

Si pour les uns l’entrée dans l’UE est un préalable à l’avancée des réformes en Turquie, les autres placent ces réformes comme la condition sine qua non à toute adhésion. Résultat : un consensus mou, sans réelle promesse.

Dans la résolution adoptée par le Parlement européen, les députés félicitent la Turquie pour les efforts engagées dans la voie de la démocratie tout en dénonçant le manque d’avancées concrètes, pour ne pas dire le manque de volonté du côté d’Ankara.

Une approche assez risquée puisqu’elle conduit l’UE à perdre de son influence en Turquie, alors même que le pays devient un leader dans sa propre région.

Face au double discours dont l’UE est devenue assez coutumière, la Turquie s’abrite de plus en plus derrière la « mauvaise foi » européenne pour faire traîner le rythme de ses réformes.

Pour le moment, le meilleur allié de la Turquie reste donc la nouvelle Commission. Mais comment faire contrepoids face aux Etats les plus sceptiques sans un appui déterminé de la part du Parlement ?

Une telle indécision au sein de l’UE jouera sans nul doute en défaveur de la Turquie. D’autant plus qu’aucun argument à l’horizon n’est pour le moment susceptible de clore le débat.

Entre la faillite grecque et les regains de tension à Chypre, les négociations semblent s’orienter de manière irrésistible vers le blocage. Une situation aussi politiquement inconfortable ne pourra pourtant satisfaire personne. Rappelons que pour l’instant, la majorité des Etats membre est encore favorable à l’entrée du pays dans l’UE…

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