Contours d'Europe

Il va falloir faire vite si Chypre veut parvenir à un accord avant les prochaines échéances électorales, annoncées comme la fin programmée du processus de paix engagé entre les deux parties de l’île fin 2008.

Le 18 avril prochain, le président de la République turque de Chypre devra remettre en jeu son mandat et faire face aux nationalistes, donnés favoris de l’élection, grands vainqueurs des législatives de 2009 et fondamentalement opposés à toute perspective de réunification.

La possibilité d’une issue positive, durement acquise grâce à l’assouplissement du dialogue entre les deux leaders actuels, pourrait bien voler en éclat avec l’arrivée d’un radical à la tête des négociations côté turc.

Avec un agenda aussi serré, les chances de succès sont minces, malgré la bonne volonté affichée des deux côtés : plus de 50 rencontres au cours des 12 derniers mois entre les leaders turc et grec, parfois sous le patronage de la communauté internationale, désireuse d’en arriver au plus vite à un accord.

En visite à Chypre le 21 janvier, Herman Van Rompuy avait promis au nom de l’UE d’apporter son soutien aux chypriotes. Quant à l’intervention de Ban Ki Moon, le 2 février, elle a été partout décrite comme « la visite de la dernière chance ».

Pour le moment, les poignées de main sont essentiellement symboliques.

La perspective de l’adhésion à l’UE ne semble pas suffisante pour mener au règlement du conflit. La Turquie est-elle prête à faire des sacrifices supplémentaires pour éviter le gel du processus?

Autre scénario possible : la poursuite pénible et inexorable des négociations entre les deux parties de l’île après l’élection, et un abandon progressif mais informel des pourparlers d’adhésion entre Ankara et l’UE.

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