Contours d'Europe

Alors que les négociations d’adhésion sont au point mort, le gouvernement français enfonce encore un peu plus le clou, en obligeant la Turquie (ou presque) à s’occuper de la gestion des flux migratoires si elle veut adhérer à l’UE.

La lutte contre l’immigration clandestine “doit clairement devenir un sujet prioritaire dans les relations entre l’Union européenne et la Turquie”, a déclaré le ministre français de l’Immigration à l’issue de la rencontre informelle qui s’est tenue à Tolède le 20 janvier entre homologues européens.

Devant la presse, Eric Besson n’a pas hésité à rappeler Ankara à l’ordre, la jugeant responsable de la «pression insupportable » à laquelle est aujourd’hui soumise la Grèce, aux frontières de l’UE. « La Turquie est de toute évidence devenue un pays de transit et nous avons besoin qu’elle joue le jeu ».

De là à parler d’ultimatum, il n’y a qu’un pas, bien que le ministre français s’en défende. “Je ne vais pas jusqu’à parler de condition, mais il s’agit d’une exigence […] indispensable”, a-t-il soutenu en évoquant les futures négociations d’adhésion.

La question des flux migratoires illégaux et l’alignement sur les politiques européennes figurent déjà dans la liste des priorités fixées par l’UE dans les négociations d’adhésion. Si la France s’en mêle, elle pourrait bien devenir un obstacle politique à l’entrée de la Turquie dans l’UE.

L’ancien commissaire français en charge de la Sécurité et de la Justice, Jacques Barrot, a quant à lui insisté sur l’importance de la relation UE/Turquie.”Ce serait une erreur de la stigmatiser”, a-t-il déclaré.

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