Contours d'Europe

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’UE multiplie les signaux contradictoires en direction de son partenaire turc, candidat à l’adhésion depuis 2005.

Le ministre des Affaires étrangères espagnole a indiqué le 8 janvier que l’Espagne voulait donner un coup d’accélérateur aux négociations avec Ankara. “Nous avons quatre chapitres en tête et nous espérons bien les ouvrir”, a déclaré le chef de la diplomatie espagnole. Ces signes encourageants pour les Turcs ne sont pourtant pas légions.

Du côté des Etats membres, au delà des déclarations de bonnes intentions, tous les prétextes sont désormais bons pour boycotter tour à tour Ankara, quitte à faire carrément volte-face. Comme la Bulgarie, qui vient de se déclarer prête à barrer la route à la Turquie si le pays ne lui accordait pas les compensations financières qu’elle réclame. Sofia se préparerait même à porter plainte.

Pour quel motif ? La valeur des bien perdus lors de l’expulsion, consécutive aux guerres balkaniques, de près de 250 000 réfugiés bulgares habitant la Thrace orientale, aujourd’hui territoire turc.

Une chose est sûre, Ankara ne s’attendait pas à ça. Il faut dire que l’évènement remonte à 1912.

La Turquie reste à l’heure actuelle le premier partenaire de la Bulgarie dans les Balkans. Et Sofia a quant à elle souvent joué le rôle de médiateur dans la coopération mise en œuvre depuis plusieurs années entre l’UE et Ankara.

En 2006, juste avant l’entrée de la Bulgarie dans l’UE, les deux pays s’apportaient soutien mutuel dans le cadre de leur candidature.

Ankara, habituée à recevoir de messages contradictoires en provenance de ses soi-disant partenaires européens, ne s’est pas offusquée, mais la pilule s’annonce difficile à avaler pour la population, y compris la minorité turque en Bulgarie, très nombreuse.

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