Contours d'Europe

Face à l’ampleur de la crise, les dirigeants albanais, bosniaque, croate, monténégrin et bulgare ont décidé de faire le point ensemble sur la situation dans la région. A la mi-novembre, ils ont improvisé à Sarajevo une rencontre exceptionnelle qui a duré deux jours. Au programme, deux objectifs : établir un diagnostic et proposer une thérapie applicable à l’ensemble de la zone.

Crise oblige, les frères ennemis devront à l’avenir miser davantage sur la coopération transfrontalière. Cette solution est jugée la plus viable par l’ensemble des dirigeants présents, face à une situation économique commune.

L’actuel dirigeant de Bosnie-Herzégovine, Željko Komšić, a aussi évoqué la possibilité d’une coopération politique accrue. « Une aspiration commune », selon lui. Plus réaliste, c’est finalement l’idée d’une unification commerciale qui a été retenue. Sur ce terrain, les dirigeants pourraient s’appuyer sur des projets jusqu’alors restés dans les cartons.

Vers une Communauté économique des Etats des Balkans ?

Dans un article publié le 28 novembre, le Courrier des Balkans revient sur l’initiative lancée par l’économiste macédonien Tihomir Jovanovski lors d’une conférence de l’ONU à Brijuni. L’économiste propose de créer une véritable « Communauté économique », conçue comme une préparation à l’adhésion pour ces Etats, candidats à l’entrée dans l’Union.

« Cette communauté ne serait ni une organisation politique ni gouvernementale, l’objectif étant qu’elle fonctionne comme sur le principe du marché commun européen. » Reste à savoir si toutes ces déclarations d’intention trouveront une traduction concrète.

« Géopolitique de la violence ». A travers ce titre, Michel Savignon, spécialiste de la région, veut montrer à quel point l’appellation « Balkans » symbolise à elle seule les tensions du XXème siècle. Et à quel point il est difficile encore aujourd’hui de surmonter les clivages politiques.

Alors, un peu plus d’économie pour un peu moins de guerre ? La formule n’est pas neuve, certes, mais elle a fait ses preuves.

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