Contours d'Europe

Le sujet occupe l’essentiel des conversations au Conseil européen. Blair, Juncker, Balkenende,… Gribauskaité ???? Qui d’entre ces hommes sera nommé par les 27 présidents du Conseil européen pour deux ans et demi, dès lors que le traité de Lisbonne entrera en vigueur ? Parmi cette flopé de noms, seul celui de la présidente lituanienne, d’ailleurs rarement évoqué, représente la partie Est de l’UE. C’est-à-dire celle qui a adhéré le plus récemment, en 2004.

À cela certaines raisons reviennent souvent comme leur absence de participation à l’euro. Mais ne font-ils pas partie de l’espace Schengen, contrairement au pays du candidat soutenu pendant longtemps par la France, Tony Blair. Comment expliquer l’absence criante des pays de l’Est de l’UE dans le giron des quelques « élus » sur lesquels tout le monde hésite ?

Le fait qu’aucun candidat ne provienne des nouveaux Etats membres est, dans ce cadre, significatif de la répartition des pouvoirs, actuelle et à venir au sein de l’UE.

Les noms qui circulent pour la future présidence de l’Union européenne éclairent peut-être les fonctions qui lui seront attribuées. Les missions du futur président de l’UE ne sont pas clairement définies. Le traité de Lisbonne lui octroie à la fois un rôle de représentant extérieur « sans préjudice du travail affecté au Haut représentant », et un rôle interne d’animateur-médiateur entre les institutions. La question transversale est de savoir si ce président aura un fort pouvoir décisionnaire, comme le souhaitent les grands pays, ou s’il fera essentiellement la navette, conformément à la volonté des petits. Par conséquent, on s’attend à ce que la nationalité du président, et pas seulement sa personnalité oriente la définition.

L’absence de réaction des pays de l’Est sur le manque de représentant de leurs pays parmi les personnalités envisagées signifie-t-elle qu’aucune des personnalités politiques en provenance de cette zone n’a l’étoffe ou les compétences pour remplir ces fonctions, quelles qu’elles soient. C’est peu probable.

Le poste ne les intéresserait pas ? Peut-être. Soit parce qu’ils considèrent que cette présidence n’aura de toute façon pas de pouvoir.

Soit parce qu’ils sont résignés à voir un pays occidental occuper ce poste. Cette dernière option poserait en tous cas la question d’une Europe à plusieurs vitesses et divers niveaux d’intégration. Un autre argument pourrait être soulevé : un Polonais a été nommé président du Parlement européen. Mais la réalité des pouvoirs ne sera-t-elle pas plus du côté de la présidence stable de l’UE et du Haut représentant qu’à la tête du PE ?

Cette distance dans la désignation du président reflète peut-être aussi toute la méfiance des pays de l’Est de l’Europe dans l’intégration européenne. Ils refusent plus d’intégration par crainte pour leur souveraineté, entend-on. Ou alors ils se disent qu’une présidence stable de l’UE dotée d’un pouvoir fort ne leur sera, quoi qu’il, arrive pas attribuée ?

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Comments

  1. Je ne suis pas du tout d’accord. Certes, on évoque Grybauskaite, voire Vike-Freiberga pour ces postes, mais ça ne veut pas du tout dire que les nouveaux Etats membres 1. n’ont pas les compétences pour le poste 2. n’ont pas d’intérêt pour le poste.

    Tout d’abord, ces pays ne forment pas un grand pays tout gris. Ils n’ont pas toujours les mêmes intérêts et ne forment pas un club. Entre Pologne et Slovénie, il y a un monde. Ne parlons pas de Malte. Les “pays de l’Est” n’existent plus depuis 20 ans. Maintenant, il y a les grands / les petits, les plus anciens / les moins anciens, etc. Mais aucune solidarité de fait.

    Ensuite, la Pologne aura sûrement autant à dire que l’Espagne. C’est devenu un pays qui compte.

    Enfin, ces Etats n’ont pas de candidat tout simplement parce que tous les candidats sont des hommes / femmes de réseaux qui ont fréquenté les cercles dirigeants européens pendant des années. Un premier ministre slovaque n’a au maximum que 5 ans d’expérience.

    Je pense donc qu’ils agissent pour la plupart plus comme des petits pays nouveaux :
    1. petits : ils veulent un président chairman
    2. nouveaux : ils n’ont pas de personnalités avec suffisamment d’expérience

    Voilà plutôt selon moi les clefs de l’explication.

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