Contours d'Europe

Le président tchèque aurait-il retourné sa veste ces dernières années ? Jacqueline Hénard, experte des relations interallemandes, s’est souvenue, lors de la session du cercle de réflexion sur la représentation en France de la Commission européenne le 12 octobre, de l’attitude de Vaclav Klaus après la chute du mur de Berlin. « Il me demandait quand la République tchèque aurait intérêt à rejoindre la Communauté européenne », s’est-elle amusée.

Ses envolées à l’encontre de l’Union européenne pourraient alors n’être que des provocations destinées à s’attirer les faveurs de l’opinion publique. Il avait particulièrement marqué les esprits lors de l’adhésion de la République tchèque à l’Union européenne le 1er mai 2004 en bannissant le drapeau européen du château présidentiel. « M. Klaus est très populaire car il plaît pour sa capacité de résister. Il résiste sur le traité de Lisbonne, sur le débat mondial sur le changement climatique, il capitalise en interne son côté « Astérix », a déclaré le Directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI), Christian Lequesne dans une interview publiée sur Euractiv.fr le 9 octobre.

Ou bien son comportement reflète simplement ses convictions profondes d’économiste ultralibéral, son refus de toute régulation. D’où sa virulence face à « l’intégrationnisme » européen, qu’il a tout de même comparé à l’idéologie soviétique dans son discours devant le Parlement européen en février 2009…

Difficile de savoir si le président tchèque condamne essentiellement toute appartenance à l’Europe ou s’il réfute le modèle proposé par le traité de Lisbonne. Deux branches d’une alternative qui disparaîtra bientôt si la Cour constitutionnelle tchèque renverse le dernier obstacle à l’entrée en vigueur du traité, posé par un groupe de sénateurs eurosceptiques.

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