Contours d'Europe

Jacques Rupnik, directeur de recherche à Science po
“Je crois qu’il y a un double-langage [sur la Turquie]. Le président dit qu’il préfère un partenariat et il poursuit allègrement la préparation de l’élargissement. M. Lellouche y est très favorable, de même que M. Kouchner, pendant que le président tient un discours réservé à la position officielle mais laisse poursuivre les négociations en vue de l’adhésion.

Si Guido Westerwelle est nommé ministre des Affaires étrangères en Allemagne, Paris et Berlin auront des diplomaties favorables à l’adhésion de la Turquie. Pendant ce temps, Merkel et Sarkozy rassureront leurs électorats en disant qu’on offrira à la Turquie un partenariat renforcé.”

Ces propos ont été recueillis par la rédaction d’EurActiv.fr au cours d’une interview de M. Rupnik que vous pouvez retrouver en intégralité ici

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Comments

  1. Istanbul est la capitale culturelle de l’Europe 2010, les festivites vont tres bientot commencer. Je me suis laisse dire que la tour Eiffel allait etre illuminee aux couleurs du drapeau turc.
    J’ai l’impression que la Turquie y met le paquet, mais si les choses ne se passent pas comme Ankara le souhaite, j’ai peur q’une forte reaction d’hostilite puisse ensuivre.
    Ce genre de reaction et de relation amour-haine n’a jamais existe lors des elargissements precedents. Georgi Gotev

  2. Extrait d’une interview plus large réalisée par la rédaction d’EurActiv.fr

    Le premier ministre suédois dit vouloir poursuivre les négociations avec la Turquie mais la Suède n’ouvrira pas plus de deux ou trois chapitres sous sa présidence. On est dans une sorte d’hypocrisie institutionnelle où l’on essaie à chaque nouvelle présidence d’ouvrir les chapitres les plus simples en progressant à tout petits pas.
    (…)
    Mais l’adhésion d’un nouveau membre nécessite l’unanimité des Etats. La possibilité du veto contraint donc l’UE à avancer par consensus, ce qui prend du temps et favorise les compromis a minima.
    (…) Mais le problème va au-delà : deux des grands pays de l’UE se sont opposés au principe même de l’élargissement à la Turquie. Les responsables politiques français et allemands nous disent en effet que l’adhésion pleine et entière n’est pas souhaitable et qu’il faut se limiter à un partenariat privilégié.

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